Fontes et contrefaçon

Le plus souvent seuls les créateurs de caractères semblent subir le piratage de leurs œuvres, “contrefaçon” selon le droit français, mais comme souvent je l’explique durant mes interventions, l’utilisateur, graphiste–DA le plus souvent subit, faire subir à l’ensemble de son industrie les effets du partage de fontes illicite.

En effet, c’est détruire son propre futur que de partager ses fontes avec des tiers, car le graphiste détruit en quelques minutes un de ses avantages concurrentiels. Récemment, Jean-Christophe Courte, via son blog, UrbanBike l’explique avec pertinence:

Plus intéressant, cette pratique incroyable de livrer les fontes avec les fichiers numériques fait au moins deux victimes : le créateur de la typo (…et son diffuseur, CQFD). Et, de manière plus insidieuse, le graphiste lui-même.

En effet, dans le travail de ce dernier, il y a également — ce que l’on a tendance à minorer par manque de connaissance — une réflexion permanente, une curiosité (lectures, analyse des travaux de communication, etc.) qui amène peu à peu à des choix typographiques. Et tout cela devient l’une des composantes du style même du graphiste.

Et au client en définitive car leur emploi massif et inadapté peut avoir un impact à terme sur sa propre communication, image.

Après, certains s‘étonnent de voir les prix du marché à la baisse. La valorisation du métier de graphiste passe forcément par un certaine éthique face aux usages des images, fontes et autre éléments constitutifs de son travail.

Jean François Porchez, 21 November 2010

typographie, design, typofonderie, , , , , , , , , , , , , ,