Avenir de la presse

En réponse au billet d‘Étienne Mineur.

Même si nous sommes d’accord sur le changement radicale de la presse quotidienne papier qui devrait disparaître dans les années à venir, car le web n’est pas comme la radio ou la télé plus tard un média en plus, mais bien un support dématérialisé qui potentiellement peut remplacer beaucoup d’autres.

Les journaux, puis après l‘édition, c’est du texte, et pour ceux-là c’est clair, toute la chaine graphique et éditoriale est déjà numérique, n’a plus de référent papier, il est donc clair que la distribution est logiquement numérique. Toujours est-il que si la distribution de contenu passe encore par le papier c’est moins pour des problèmes techniques que financiers.

Car l’enjeu du passage au numérique pour le monde imprimé c’est d‘établir une mécanique économique permettant aux ayant droits de vivre de leur travail: journalistes, auteurs, graphistes et autres. Sans avoir trouvé un moyen fonctionnel, facile d’usage, dans le genre des Apps iPhone (et la nouvelle fonction de l’os 3 qui permet aux utilisateurs d’acquérir du contenu au sein des applications d’après ce que je comprend), il n’y aura pas de pérénité de la presse et édition. C’est clairement pas la pub qui remplacera le financement du contenu, imaginez 2 mns les problèmes liés aux annonceurs et l’indépendance des rédactions qui n’aurons pas d’autres finacements… je veux une presse libre et démocratique, pas à la botte d’influences extérieures type pub…

Nous avons trop été habitués à l’achat de supports (du papier…) et pas de contenu. Et avec un support immatériel, il est clair que nous devons par tout les moyens imaginer comment faire comprendre que le contenu n’est pas lié à un support matériel ou non.

C’est bien le contenu (et sa forme) qui donne la valeur à un support, pas l’inverse.

Côté forme, car c’est bien le sujet d‘Étienne Mineur, il me semble que les problématiques techniques trouvent rapidement des solutions dans le sens ou notre modèle, basé sur 500 ans d’histoire de la typographie nous poussent reproduire les références quelque que soit le support, immatériel ou non.

Je suis chaque jour très impressionné de constater que la forme de nos mises en page en pdf est souvent de nos jours, après quelques dizaines d’années terribles (les caractères monospace imprimant des textes sur imprimante matricielle c’est juste hier…) simplement fabuleuse, employant des caractères que les maîtres de la Renaissance auraient aimés pouvoir employer aussi facilement. C’est de plus en plus le même constat sur le web, depuis l’arrivée en masse des CSS et de l’affichage de qualité de OS.

Alors, encore une fois, c’est bien la mise en place d’un modèle économique pertinant (achat de contenu par les lecteurs) qui permettra d’offir un futur au contenu écrit dématérialisé.

Voir aussi ceci…

Jean François Porchez, 1 April 2009

typographie, design, typofonderie, , , , , , , ,