Les espaces, parents pauvres

En réponse à un papier sur la ponctuation sur le blog des correcteurs du Monde.

Il y a truc qui m’a toujours dérangé au Monde et ailleurs en fait, depuis que mes caractères sont employés pour le texte courant.

C’est l’incompréhension face à  l’usage de la “fine” ou le non-usage en fait. Je m’explique: je suis contre l’usage des références au plomb pour la composition des textes d’aujourd’hui; pour une simple raison que l’espace-mot choisi par le compositeur, c’est de l’histoire ancienne.

Par le passé, le choix de l’espace-mot, c’était du bon vouloir du compositeur typo. Du temps des Estienne, de Tournes, et autres, l’espace-mot était plus souvent vers 1/4 de cadratin sinon moins. Plus tard, disons, après Didot, s’était plus souvent 1/3 et plus. Aie aie! De là, des normes ont été instituées! hum… Mettez toujours un 1/4 de cadratin ici ou là  (en référence à  ce 1/3 en place)…

Depuis l’arrivée des ordinateurs, qu’ils soient Mac, Windows, Unix, Linux, l’espace-mot c’est du bon vouloir du créateur de caractères, nous-autres! Quoi comprendre? Ben… c’est des gars comme moi, qui décident si leur inter-mot sera large ou pas, selon la chasse, le style du caractère en cours de création. Alors, définir l’usage d’un 1/4 avant tel signe de ponctuation, c’est simplement, suivre des règles stupides sans comprendre, ni voir.

La fine, c’est du même genre, ça en dit encore moins que les 1/4 et autres. Très aléatoire!

Moi ce que je vois, quand j’ose encore acheter Le Monde(*), c’est des blancs avant les 2 points souvent supérieurs à l’inter-mot qui suit… et bien d’autres trucs du genre. Aussi, parce que les textes sont justifiés, les blancs d’intermots changent selon la ligne, des fois, étroits, des choix large, alors que cette fine, ou 1/4, elle, elle ne bouge pas!

Je n’ai pas vraiment de solution simple à  proposer, il faudrait des tests sur les machines pour savoir quoi faire. La composition de la typographie ce n’est pas des maths, c’est un truc qui s’apprécie comme un bon vin, il faut gouter pour savoir si c’est bon ou pas et pas se fier uniquement à l’étiquette.

(*) Je préfère lire Le Monde sur mon Palm et sur web, je suis moins gêné par ce caractère et tous les défauts que j’y vois dans son dessin et sa composition.

Jean François Porchez, 17 February 2005

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